mai 20, 2024

Goma: des artistes s’expriment au sujet de la relation France-RDC

Des artistes de Goma se sont réunis, ce vendredi 29 septembre, pour échanger sur leurs différentes appréciations de la coopération France-RDC du point de vue des opportunités culturelles entre l’Afrique et la France.

La conférence débat de ce jour a réuni une centaine de jeunes artistes de Goma dans la grande salle de l’institut français. Plus de trois heures durant, soit de 15h à 18h, le débat était riche et diversifié du point de vue de son contenu.

Pour commencer, après un mot de bienvenue et une brève présentation du contexte de l’activité et des membres de l’équipe organisatrice, Depaul Bakulu, artiste et jeune activiste a inauguré les échanges concentrés sur la nécessité d’une coopération autour des intérêts communs entre l’Afrique et la France.

Celui-ci a centré son attention non pas sur les relations France-Afrique mais plutôt sur la coopération France-RDC parce-que, selon lui, “l’Afrique à ses 54 pays qui ont chacun des problèmes particuliers et différents ce qui implique des relations différentes avec chacun des pays africains”.

Sa première suggestion n’a pas tardé. Ce slameur, estime que c’est très difficile de dissocier la politique de la culture, il a suggéré à la France de “politiser rationnellement les relations culturelles entre la France et les autres pays africains”.

Et de poursuivre la liste des propositions par la restitution des œuvres d’art prises illégalement en Afrique, la création d’un fond innovant pour la démocratie pour s’assurer de la désolation des fonds, pour finir par la création d’un cadre d’échange artistique entre les Français et les congolais.

En conclusion Depaul s’exclame : “La France ne nous doit rien. Nous avons des dirigeants qui devraient avoir aussi un programme culturel pratique et bénéfique à la population congolaise”

Pour sa part, le deuxième paneliste, Sylvain Capulet, reconnait l’apport de l’Union Européenne, et ici la France, dans la promotion de la culture africaine.”Les français sont prêts à décaisser de l’argent pour promouvoir une oeuvre là où nous-mêmes ne serions prêts.” A-t-il renchérit tout en demandant une coopération gagnant-gagnant.

L’allure a changé dans le public lors de la séance de questions réponses. Les commentaires et questions du public étaient non seulement légions, ils étaient également claires, directes et sincères. Les échanges sont devenus de plus en plus vivants avec des questions directes.

Réagissant à une des questions remettant en cause les efforts fournis par la France, Aymeric Baudot, directeur de l’institut français, a ouvert une parenthèse sur des efforts fournis depuis quelques années afin d’améliorer le fonctionnement du musée de Kinshasa tout en numérisant les œuvres d’art de façon à permettre une accessibilité à distance.

Les échanges ont connu un changement radical quant au format et à la disposition de la salle. Après le séance de questions-réponses qui a suscité beaucoup d’interventions, tout a viré vers des performances artistiques qui n’ont pas quitté le centre des échanges : la coopération France-RDC.

D’abord le slam révolutionnaire plein de questionnements et de vérités sur la coopération France-Afrique a raisonné sous forme de rimes pour une nouvelle forme de sensibilisation. Cela avant de poursuivre avec une performance en danse contemporaine de Souzy Chloé pour finir sur un sketch de restitution présenté par des artistes de différentes disciplines.

Pour rappel, cette activité a été organisée dans le cadre du programme Donner la voix aux jeunes exécuté par le Collectif “Initiative Construire Ensemble RDC” L’objectif étant de donner la parole aux jeunes de Goma afin de participer à l’amélioration des relations France-RDC.

Ce programme qui a débuté la veille avec les étudiants de Goma réunis pour des échanges à L’ULPGL-Goma se clôture ce Samedi 30 septembre par une performance artistique à l’Institut français de Goma à partir de 15h.

Joseph Katusele

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