octobre 1, 2022

Culture: Parcours du jeune écrivain Jacinthe Maarifa

La ville de Goma au Nord Kivu regorge de mille et un jeune talentueux. Ouvrons le voile sur le parcours élogieux d’un jeune poète: Jacinthe Maarifa. C’est un artiste polyvalent évoluant dans la ville touristique dans le secteur des arts de la parole . D’un air sérieux et calme. Mate de peau, il répond à nos questions.

Inspiration parentale

Jacinthe commence ses études à l’école primaire Sainte Famille avant d’aller au secondaire au Collège Mwanza de Goma où il y suit la section Littéraire. Très Ambitieux, il poursuivra à l’Université de Goma la faculté des sciences politiques et administratives. Parlant du début de sa carrière, l’artiste rétorque sans tergiverser qu’il a reçu le gros de son papa.

‘’ Mon père faisait une très bonne titrologie. Tous les titres de mes premiers textes, et même de mon recueil de poème, qui malheureusement reste inédit, ce sont les titres de papa. Je lui dois beaucoup, il m’a initié à la poésie classique en me donnant le classique du XVè et XVIè siècle”

raconte-t-il.

De sa vie artistique

Ce jeune s’inscrit, un peu tard, dans la discipline des arts de la parole au Foyer Culturel de Goma. Il pratique également le théâtre classique dans différentes compagnies.

Passionné de la scène, il participe à des grands événements culturels. Ainsi on notera sa prestation comme slameur au podium du festival Amani en 2019.

Jacinthe reste convaincu que ce qui dirige le monde, ce sont les idées. En étant artiste, estime-t-il, je produis des idées pour que celles-ci influencent le système et enfin de compte participe à cette direction du monde, à travers mes œuvres artistiques.

Avec le jeune artiste Ghislain Kalwira, il coécrit Kauli , une pièce de théâtre contemporain qui peint la RD Congo et l’Afrique dans tous ses détails à travers un cocktail de poésie, théâtre et même de connerie . Cette pièce est d’abord jouée dans le festival Hadisi Urban, puis à l’institut Français de Goma, et meme dans la ville de Bukavu en province du Sud Kivu.

Mais toutes ses réalisations ne signifient pas beaucoup pour lui, toute modestie tenue. En pleine interview, le surnommé ”professeur” souligne qu’il n’est pas grand puisqu’il apprend encore du jour le jour. Il lance par ailleurs, débordant de fierté : “La plus grande fierté est ‘’ celle qui est la plus importante pour moi c’est d’avoir formé autant des jeunes.’’

En effet, avec d’autres slameurs du collectif Goma Slam session il participe au Programme ‘’ Slam à l’école’’ pour la formation des élèves évoluant dans 18 écoles de la ville de Goma. ‘’ Tant que j’aurai le temps, je me donnerai pour que ces jeunes évoluent. Ils ne seraient pas peut-être tous artistes mais au moins on se rassurera qu’on vient d’éviter qu’il y ait d’autres personnes qui s’ajoutent dans le lot des idiots’’, martele l’artiste, optimiste

Sortie de ‘’ Self defense ’’

Depuis le jeudi 24 Février, Jacinthe Maarifa vient pour la première fois de signer son entrée en studio avec le single ‘’ Self defense ’’.

Cover Self-defense

Ce dernier est un slam dans lequel l’auteur décrit la résistance d’un peuple, des opprimés usant de l’autodéfense pour résister. A l’en croire, il s’est inspiré de plusieurs situations de pays africains face à un système oppresseurs, dominant, écrasant.

‘’Des congolais vivent dans la passivité, dans une cruauté totale mais malheureusement à la tête du pays, on trouve des autorités qui ne s’en soucient guerre et qui pensent que ça c’est notre sort et leurs sort à eux c’est de vivre sur nos dos. Horrible’’ voilà ce que je décris, renchérit-il.
Pour suivre cette musique vous pouvez cliquer sur ce lien 👉🏿 https://youtu.be/1wm1KY6vp44

Focus sur le futur malgré les défis de parcours

L’artiste regrette que ses pairs fassent face à différents défis. D’abord, argue-t-il, ne pas être reconnu ensuite ne pas être consommé. Pour y pallier, Jacinthe demande que les artistes se soutiennent eux-mêmes. Après ‘’Self defense’’ il promet sortir un livre. En attendant, conclut-il ‘’On n’arrêtera pas d’apprendre et de travailler, peut être quand on ne va plus respirer.’’ De la détermination combinée au souci de s’améliorer, tel nous semble la devise de Duickem. Fructueuse carrière à l’artiste !

Albert Isse Sivamwanza

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